Présentation du blog.

Présentation du blog.
Voilà, c'est parti pour la grande aventure... J'entame la longue et affligeante traduction des "Lettres à Béatrice" de Lemony Snicket, vu qu'il y a bien peu de chance qu'elles arrivent un jour traduites en français par Nathan... Je ne vous demanderai qu'un peu d'indulgence, et surtout de sens critique : je ne risque pas de m'améliorer si je ne reçois pas de commentaires constructifs, alors n'héditez pas à faire péter les reviews !
Avec mes sentiments respectueux,
Docteur Trieste Sokaris Orwell alias Dilustro.

Dédicade du début du livre :
Par et pour Béatrice.

TRADUCTION DESORMAIS COMPLETE ET EXHAUSTIVE !

# Posté le mercredi 06 septembre 2006 09:57

Modifié le dimanche 22 octobre 2006 12:32

Première lettre : De LS à BB.

Première lettre : De LS à BB.
De L.S. à B.B. (numéro 1).

LEMONY SNICKET.
ETUDIANT EN RHETORIQUE.

Classe de Sixième.

Je suis vraiment désolé de t'avoir gênée et embarassée en face de tes amis. Je voulais juste te parler. Tu m'as toujours semblé être quelqu'un d'intéressant, et j'ai vraiment adoré ton exposé oral sur l'histoire du Sonnet. Si ça te dit qu'on passe la pause de l'après-midi tous les deux, retrouve-moi au portail Est, il y a là-bas un très bon petit café qui sert de très bonnes bières flottées. Je serai le garçon de onze ans portant une cravatte verte et une gourmette affichant le logo de notre organisation.

Version papier (la lettre est une carte de visite où on a écrit un petit message) :
Extérieur.
Intérieur.

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 08:40

Modifié le vendredi 20 octobre 2006 12:29

Seconde lettre : de BB à LS.

Seconde lettre : de BB à LS.
De B.B. à L.S. (numéro 1).

Mercredi.

Cher monsieur,
Je n'ai aucun moyen de savoir si cette lettre vous parviendra, à la vue de la distance si lointaine et si problématique qui nous éloigne. Ce petit fragment de papier va devoir traverser des montagnes et des cafétérias, dans des coffres d'automobiles et dans les poches imperméables de nageurs sur longue distance, glissé dans des enveloppes et plié en de vagues architectures de cygnes, afin qu'il puisse arriver à votre bureau minuscule et poussiéreux, situé au treizième étage d'un des neuf plus lugubres et mornes bâtiments de cette ville. Tout ce que je puisse faire pour l'instant, c'est de prier pour le mieux, mais, prier pour le mieux, tout comme prier pour qu'une chauve-souris obéisse à vos ordres, vous condamne presque toujours à la déception.
Et, même si cette lettre vous parvient, je ne suis pas sûr qu'elle parviendra à la bonne personne. Peut-être n'êtes-vous pas qui je vous crois être -- beaucoup de personnes dans ce bas monde, après tout, partagent vos initiales, puisque, d'ailleurs, il y a au moins une personne portant les mêmes initiales que moi. Peut-être croirez-vous également que je suis quelqu'un d'autre, et peut-être écrirez-vous un commentaire suspicieux dans la marge de cette lettre, pour m'accuser d'être en réalité l'une ou l'autre certaine criminelle.
Durant des années, j'ai gardé le silence, et je sentais tous mes mots vriller et s'embrouiller dans mon esprit comme les fils d'une quenouille, pendant que je cherchais désespérément quelqu'un qui serait capable de m'aider. Mais, à présent, je dois dénouer "mon lien, kyste de silence," et écrire à une personne que je n'ai jamais vue, même s'il n'est pas la personne que je cherche, et même si je cherche la bonne personne au mauvais endroit, ou la mauvaise personne au bon endroit, ou les deux à la fois, ou aucun des deux, ou à la fois les deux et aucun.
D'après ce que j'ai entendu, j'estime que vous êtes la seule personne capable de m'aider. On m'a dit que vous étiez une sorte de détective -- ou, du moins, on m'a dit que le mot détective était écrit sur la porte de votre bureau. On m'a dit que vous vous communiquiez peu, et que vous parliez à peine à qui que ce soit, et que, lors des rares occasions où vous engagez une conversation, vous ne parliez jamais de votre passé, mais que pouviez occasionnellement être vu à l'intérieur d'une bibliothèque, parcourant la section des archives de journeaux et examinant toutes les rubriques théâtrales. Néanmoins, j'espère sincèrement que vous daignerez discuter avec moi de votre passé. J'espère sincèrement que vous me parlerez d'une histoire qui a débuté il y a tant d'années, dans une sorte de salle de classe, d'après ce que j'ai entendu dire. J'espère sincèrement que vous êtes qui je vous espère être, et j'espère sincèrement que vous êtes encore dans votre bureau poussièreux, et j'espère sincèrement que cette lettre vous parviendra. En bref, j'espère sincèrement le mieux.
Je m'appelle Béatrice Baudelaire. Je cherche actuellement ma famille -- Violette Baudelaire, Klaus Baudelaire, et Sunny Baudelaire. S'il-vous-plaît, contactez-moi n'importe quand, jour ou nuit.


Béatrice Baudelaire.

PS : le mieux serait encore le jour, vu que mon heure de coucher est assez tôt...

Version scannée et reconstituée : cliquez ici !

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 08:55

Modifié le vendredi 20 octobre 2006 12:51

Troisième lettre : de LS. à BB.

Troisième lettre : de LS. à BB.
De L.S. à B.B. (numéro 2).

LEMONY SNICKET.

Année du Serpent.

Chère Béatrice,
Je t'écris cette lettre sans raison particulière, comme à l'habitude, et j'essaierai de faire en sorte que R. te la délivre afin que tu puisses la lire avant de nous revoir, pour notre entraînement d'escrime. Il est désespérément facile d'écrire des lettres durant ces leçons de cryptologie, tu sais, puisque que cet instructeur soporifique aux pieds plats ne fait que marmonner encore et encore les mêmes leçons d'écriture de lettres d'affaire... Il ne risque pas de s'arranger au fil des années, celui-là...
Et pendant ce temps, les veinardes comme toi suivent des cours de théâtre... Je t'entends même faire grincer le plancher de l'étage au dessus duquel je me trouve.
Je suppose que toi et R. êtes probablement en train d'apprendre comment intégrer des messages codés dans des dialogues plus ou moins mélodramatiques... Le seul autre élève que je connaisse dans cette classe, c'est O, qui n'est rien d'autre qu'une plaie ambulante. Il est d'ailleurs en train de remplir son calepin d'anagrammes de mots obscènes au moment où je t'écris. Je suis bien tenté de le remettre à sa place en lui rappelant que « Vipère grue de Trénon » ne veut absolument rien dire, mais, après le désastreux accident appliquant une certaine bière flottée et une certaine bouteille d'encre, j'estime qu'il est plus intelligent de me passer les nerfs sur « mon kyste, lien de silence » chaque fois que cet abruti me dévisage avec sa face de rat à sourcil unique. Tu es au courant de son dernier coup de génie. Il ne m'appelle plus que par « Denis. » Juste parce que j'ai mentionné une fois (je dis bien UNE seule fois) que je détestais mon second prénom. Irrécupérable.
Autrement, je dois avouer que je suis très excité à propos de notre excursion prochaine. Je sais que R. et toi serez partenaires de cordée pour la montée du versant, mais j'espère sincèrement que tu accepteras de te joindre à moi pour quelques heures d'exploration dans les grottes. Ma s½ur m'a bien spécifié qu'on pouvait trouver des chauves-souris dans ces endroits, et rien ne me plairait plus que de passer mon temps avec un « batecier. » Qu'importe où nous nous trouvons – loin dans les montagnes ou en bas à la cafétéria, nageant sur l'océan ou cachés au fond d'une automobile – j'éprouve une joie immense à me trouver avec toi, et, dès que ce n'est plus le cas, tu me manques de toute ton âme.
Tu me manques. On se voit d'ici quelques heures.


Lemony Snicket.

PS : tu m'as dit avoir des difficultés à traduire ces messages codés en anglais, alors je t'envoie cette liste de verbes irréguliers dont tu avais besoin.

Sing, sang, sung : chanter.
Sink, Sank, Sunk : faire naufrage, sombrer, plonger, couler.
Slap, slapt, slapt : gifler.

# Posté le vendredi 22 septembre 2006 15:13

Modifié le vendredi 20 octobre 2006 13:03

Quatrième lettre : de BB. à LS.

Quatrième lettre : de BB. à LS.
De B.B. à L.S. (numéro 2).

28 Février.

Cher Monsieur,

Je rédige cette lettre au moyen de la machine à écrire qui se trouve dans votre ô combien exigu et poussiéreux bureau, situé au treizième étage d'un des neufs plus lugubres bâtiments que comporte cette ville. C'est une pièce particulièrement morne, mais la fenêtre la plus éloignée de moi offre néanmoins une vue assez digne d'intérêt. Si j'en approche ma chaise – votre chaise, si je ne m'y trompe pas – je peux voir un petit espace sur lequel ont réussi à pousser quelques plants assez inhabituels. Il faut des années et des années pour qu'une terre guérisse des blessures du feu, mais, même dans les cendres les plus sombres, quelque chose peut parfois vivre et grandir.
Vous ne vous trouvez pas ici, mais je crois savoir où vous êtes, grâce à quelques informations que j'ai découvertes. Cette énorme carte accrochée au mur Est du bureau, où un trajet est dessiné au moyen de pointillés et d'épingles, par exemple. En complément, je peux également y déchiffrer certaines notes indiquant des hôtels, des cachettes, des agences de locations de voiture, des synagogues, des bibliothèques privées, des bibliothèques publiques, des restaurants, des cafés, des buffets à volonté, et des cinémas, chaque emplacement étant commenté d'une date, d'un rendez-vous, et d'une heure. Il n'y a que trois possibilités : soit je suis une très bonne détective, soit vous êtes particulièrement peu doué pour cacher vos secrets... Soit vous désirez que je sache où vous vous trouvez.

La boîte de bois située sur votre bureau est agrémentée d'une inscription spécifiant : « Lettres. » Elle est, comme par hasard, pleine de lettres. Mais toutes ces lettres sont mélangées sans aucune logique, et je n'arrive pas à déterminer ce qu'elles signifieraient une fois ensemble, si je les remettais dans le bon ordre. La seule lettre manquante n'est autre que celle que je vous ai envoyé dernièrement. Là, seulement deux possibilités : soit elle n'est jamais arrivée... Soit vous l'avez emportée avec vous.

Je vous supplie, Monsieur, s'il vous plaît, je DOIS vous parler. J'ai attrapé au vol quelques rumeurs sur vos recherches et j'ai déjà des douzaines de questions, tout comme deux ou trois critiques constructives. Je vais sur l'heure partir de cette ville, alors que je n'y suis arrivé que depuis quelques heures, alors que c'est la toute première fois que je la vois, afin de suivre votre cheminement fait de pointillés et d'épingles, et afin de trouver, après toutes ces années, les trois personnes qui constituent la seule famille qui me reste. Sans Violette, Klaus, et Sunny, je ne suis qu'une orpheline – une orpheline qui vous laisse ici même cette lettre, au cas où nous nous manquions.

Béatrice Baudelaire.

PS : C'est un peu hors-sujet, mais je trouve que ce presse-papier est une véritable ½uvre d'art, bien que je ne puisse pas me décider : que représente-t-il, en fait ? Un serpent, un ver... Une anguille électrique ???

# Posté le vendredi 29 septembre 2006 15:01

Modifié le vendredi 20 octobre 2006 13:07